Le journaliste qui explore les secrets des épaves du Québec!
Sous l’eau, il y a des bateaux disparus depuis longtemps… mais leurs histoires, elles, n’ont jamais coulé! Dave Noël, historien et journaliste au Devoir, vient de publier le livre Histoires d’épaves: De la Petite Hermine à l’Auguste (1536-1761). Pour découvrir les secrets des épaves et des récits de naufragés, plonge dans cette entrevue avec Dave Noël!
Dave, d’où vient votre passion pour les épaves?
Les épaves, ça fait rêver… et cette passion remonte à très loin. Quand j’étais enfant, j’étais un grand lecteur des aventures de Tintin. La bande dessinée du Trésor de Rackham le Rouge m’a marqué.
Je me rappelle aussi quand l’épave d’un navire qui avait coulé en 1690 a été découverte. C’était en 1996, et des souliers intacts ont été retrouvés dans le bateau avec des pistolets et d’autres objets. En voyant ça à la télévision, j’étais très intrigué!
Quelle histoire d’épave vous impressionne le plus?
L’épave de La Renommée qui a coulé en 1736 sur l'île d’Anticosti, au Québec. Ce qui est dommage, c’est qu’on ne l’ait jamais retrouvée… mais un des survivants, un curé, a écrit son récit sur l’île inhabitée. Aujourd’hui, cette histoire est complètement oubliée, mais ça mériterait un film!
Quel récit de naufragé vous a le plus marqué?
L’histoire de Luc de Lacorne, un noble de la Nouvelle-France. Il était à bord de l’Auguste qui a coulé en 1761, au Cap Breton, en plein hiver. Luc s’en allait en France avec sa famille quand le bateau a coulé. Il va survivre et se rendre en canot et en raquettes jusqu’à Québec! C’est une aventure exceptionnelle qu’il a vécue!
Quel est votre processus de recherche et d’écriture?
J’ai consulté plusieurs sources et personnes différentes pour écrire mon livre. J’ai parlé avec des archéologues subaquatiques! Eux, ils combinent 2 professions: archéologue et plongeur expérimenté. J’ai aussi lu plein de rapports archéologiques écrits à travers le temps, des lettres qui datent de très longtemps et des récits de voyageurs.
Tout ça m’a pris un an d’écriture, mais ça fait plusieurs années que je m’intéresse aux épaves, donc j'ai accumulé beaucoup d’informations.
Comment fait-on pour retracer l’histoire d’une épave dont il ne reste que des décombres?
Certaines épaves ne sont jamais retrouvées, même si on sait où elles se trouvent. Je ne suis pas un très bon nageur, mais je sais où sont les épaves du Québec! Ces épaves pourraient quand même être retrouvées dans plusieurs années parce qu’il peut y avoir des tempêtes ou de forts courants dans l’eau qui pourraient les bouger.
Même si une épave n’est plus qu’un tas de bois, ça reste évocateur à mes yeux. C’est un souvenir d’un événement marquant.
Par contre, quand l’épave a bien été conservée, on peut retrouver toutes sortes de choses! Des objets en métal, du cuir ou des souliers!
Est-ce qu’il peut y avoir de la vie dans les épaves?
Des épaves peuvent devenir des petits récifs artificiels! Par exemple, il y a des épaves de navires de guerre, qui ont coulé en 1758, qui abritent une faune. Il y a même des plongeurs qui ont observé des algues se nourrir du vieux bois d’un bateau coulé.
Et toi, aimerais-tu explorer une épave? Ou ça te ferait peur? Dis-moi!
