Les jeunes français manifestent pour de meilleures écoles
En France, des centaines de milliers d’élèves du secondaire manifestent dans les rues et bloquent l’entrée de leurs écoles. Pourquoi? Ils dénoncent le mauvais état des lycées, les classes trop remplies et le manque de profs. Le mouvement a donné lieu à des épisodes de violence, mais aussi à de beaux gestes de solidarité. Je t’explique.
C’est quoi, un lycée?
En France, c’est comme ça qu’on appelle les écoles qui enseignent aux adolescents de 15 à 18 ans. C’est un parcours de 3 ans, juste avant l’université. En années scolaires québécoises, c’est l’équivalent des 4e et 5e secondaires, et de la 1ère année du cégep.
Le début
Tout a commencé le 17 septembre, au lycée Antoine de Saint-Exupéry, situé à quelques kilomètres de Paris. Cette journée-là, des enseignants et des parents d’élèves décident de bloquer l’entrée de l’école pour dénoncer le manque fréquent d’employés. Il manquait, par exemple, un prof de maths, un prof de français et une infirmière. Puis, des élèves les ont rejoint, pour manifester avec eux.
Un mouvement qui grandit
Une photo prise lors d'une manifestation de lycéens à Paris, lundi.
Rapidement, des jeunes d’un peu partout en France organisent des manifestations et des blocages similaires. Ils dénoncent trois choses:
- Le mauvais état des écoles, surtout celles situées dans les quartiers plus pauvres: plusieurs bâtiments sont mal entretenus et très endommagés.
- Le manque de profs: dans beaucoup d’écoles, des enseignants sont partis et n’ont pas été remplacés. Résultat: il y a trop d’élèves dans les classes, ce qui nuit à leur apprentissage.
- Le manque d’argent: selon les manifestants, le gouvernement français devrait donner plus d’argent à l’éducation. Ils dénoncent un système inégal «à deux vitesses», où les meilleures écoles du pays sont fréquentées par les plus riches.
Et le mouvement ne s’affaiblit pas. Mardi, plus de 250 000 personnes ont manifesté un peu partout en France, selon les autorités. À Paris, il y en avait 100 000!
Tout ça force plusieurs écoles à fermer depuis quelques semaines.
Du calme et du grabuge
Des meubles extérieurs ont été mis en feu lors des manifestations à Paris, mardi.
En général, ces protestations se déroulent de manière assez pacifique. Il y a toutefois eu des débordements, et plus de 200 élèves et 700 policiers ont été blessés depuis la naissance du mouvement. Des écoles ont aussi été vandalisées. Les organisateurs des manifestations ont dénoncé le grabuge, en disant qu’il avait été causé par des personnes mal intentionnées, qui ne font pas partie de la révolte étudiante.
Soutien des adultes
De nombreuses organisations d’enseignants soutiennent les jeunes manifestants.
Sur les réseaux sociaux, des scènes montrent des adultes rejoindre les manifestations pour soutenir les jeunes et calmer les tensions. Certains vont même former une chaîne humaine pour éloigner les élèves des forces policières.
Cette vidéo qui montre le maire d'une banlieue parisienne, Bally Bagayoko, faire face aux policiers aux côtés des étudiants, mardi, a d’ailleurs fait le tour du monde.
Des avocats et des organismes de défense des droits de l’homme, dont Amnistie internationale, dénoncent le fait que des policiers ont attaqué des jeunes manifestants, les ont insultés et ont même émis des commentaires racistes à leur endroit.
Réponse du gouvernement
Le gouvernement français aimerait que la situation se calme. Il a demandé aux jeunes de retourner en classe, où des discussions pourront être organisées pour parler de leurs préoccupations.
Mercredi, il a annoncé que le ministère de l’Éducation nationale travaillait sur cinq façons d’améliorer la vie scolaire des lycéens. L’une d’entre elles: consulter les lycéens sur les décisions qui auront un impact sur leur école.
Ça bouge en France! Et toi, que penses-tu de ce mouvement organisé par des élèves? Est-ce que tes parents ont déjà participé à des manifestations étudiantes?
