Le premier ministre du Canada se fait corriger!
Jeudi dernier, le premier ministre du Canada, Mark Carney, a prononcé un discours à propos de l’histoire du pays. Mais… oups. Des politiciens québécois ont relevé plusieurs erreurs dans son texte, et étaient très offusqués. Je te présente deux extraits qui ont dérangé!
📣 1- Mark Carney a dit «Les plaines d’Abraham symbolisent (...) le lieu où le Canada a commencé à faire le choix historique de privilégier l’adaptation plutôt que l’assimilation, le partenariat plutôt que la domination, la collaboration plutôt que la division.»
📜 Les plaines d’Abraham, c’est un lieu très important dans l’histoire du Québec. En 1759, une grande bataille y a eu lieu entre les Français et les Britanniques. Les Français ont perdu cet affrontement. C’est à ce moment que la Nouvelle-France est devenue un territoire britannique.
⁉️ Pourquoi cette phrase a dérangé?
Après cette bataille, les Britanniques ont pris le contrôle du territoire et ont essayé de faire disparaître la langue et la culture francophones. C’est un processus qu’on appelle l’assimilation. Mais M. Carney a dit l’inverse: que le Canada n’a pas choisi l’assimilation! C’est en contradiction avec un fait historique connu, bien documenté, en plus d’être un sujet douloureux pour les francophones.
Le mot «partenariat» a aussi mal passé. Parce que dans les faits, c’est une bataille qui a été perdue par un groupe. Ensuite, les francophones ont bel et bien subi la domination des vainqueurs. Il leur a fallu beaucoup d’efforts pour survivre et protéger leur identité. C’est loin d’être un exemple de «collaboration» comme l’a dit le premier ministre.
📣 2- «La langue française a été protégée avec le temps.»
📜 Depuis 1969, l’anglais et le français sont les deux langues officielles du Canada.
⁉️ Pourquoi cette phrase a dérangé?
Plusieurs politiciens ont trouvé que cette phrase donnait l’impression que la langue française s’est protégée toute seule. Pour eux, c’est oublier que des francophones ont dû se battre pendant des années pour défendre leur langue et obtenir des lois pour la protéger. C’est même encore difficile pour les communautés francophones à l’extérieur du Québec.
Des réactions
Plusieurs politiciens québécois, comme Paul St-Pierre Plamondon du Parti québécois, ont réagi très vivement au discours. Ils ont reproché à Mark Carney d’avoir présenté une version beaucoup plus positive du passé du Canada, loin de la réalité. Selon eux, cela revenait à «réécrire l’histoire». Yves-François Blanchet, le chef du Bloc Québécois, a affirmé que «c’est un grave manque de respect pour l’Histoire». Lui et d’autres politiciens québécois ont demandé des excuses.
Mark Carney, lui, a répondu aux critiques en disant qu’il estime avoir reconnu les luttes des francophones dans son discours.
Charles Milliard, un candidat à la chefferie du Parti libéral, a déclaré que le discours du premier ministre manquait de nuances. «On ne peut passer sous silence les pans plus sombres de notre histoire», a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Ça m’a inspiré ma question: et toi, penses-tu qu’il est important de parler des moments difficiles du passé? Pourquoi?
