Il est une fois: Marion, l’athlète qui veut sauver l’hiver
Frédérick Lavoie, journaliste et auteur, aime fusionner journalisme et littérature. Laisse-le te raconter un véritable récit à la manière d’un conte. Parfois, la réalité surpasse l'imaginaire!
Il est une fois à notre époque une skieuse acrobatique qui a besoin de l’hiver pour continuer de pratiquer son sport
Marion pendant une compétition de gymnastique
Il y a quelques années, Marion savait à peine skier. Depuis l’âge de trois ans, elle était gymnaste. Hiver, printemps, été comme automne, elle passait de longues heures à s’entraîner dans un gymnase, qu’importe la météo.. Elle était douée, mais à l’adolescence, elle a compris qu’elle ne deviendrait jamais une grande championne de gymnastique. Sauf qu’elle aimait vraiment le sport, la performance et la recherche du dépassement de soi.
Un jour, durant un camp sportif, elle a rencontré un entraîneur de saut à ski acrobatique. Il cherchait des recrues. Puisque Marion savait déjà faire des pirouettes dans les airs, il lui a proposé d’essayer d’en faire les pieds collés à des skis.
Dès ses premiers sauts, Marion a adoré ce sport. Et en plus, elle était VRAIMENT bonne tout de suite en commençant!
C’est ainsi qu’à l’âge de 17 ans, la gymnaste Marion est devenue skieuse acrobatique. À partir de ce moment, sa carrière a pris un envol fulgurant. Trois ans plus tard, Marion était déjà parmi les meilleures au monde!
Elle parcourait désormais la planète, allant d’une compétition à l’autre, pour gagner des médailles et, parfois, encaisser les échecs (ça fait partie du sport!).
Marion mettait toutes ses énergies et sa concentration à s’améliorer tout en poursuivant ses études.
Et cela a porté fruit. À ses premiers Jeux olympiques, elle a remporté une médaille de bronze!!!
Une fois l’excitation dissipée, Marion a pu se reposer un peu. Et c’est alors qu’elle a commencé à regarder ses performances et sa vie d’athlète sous un autre jour.
La neige sur laquelle elle avait atterri aux Jeux olympiques n’était pas de la «vraie neige»: elle avait été entièrement produite de manière artificielle. Dans la plupart des endroits où se tenaient les compétitions de saut acrobatique, il était de plus en plus difficile de compter sur la neige naturelle pour blanchir les pentes, en raison des changements climatiques.
Et pour se rendre à ses compétitions, Marion devait souvent prendre l’avion, un moyen de transport très très polluant. Alors par son mode de vie, elle contribuait elle aussi au réchauffement planétaire, et donc à la disparition des hivers enneigés!
Marion voulait continuer à pratiquer ce sport. Mais elle s’est demandé comment elle pourrait diminuer son impact sur l’environnement.
Avec l’aide de spécialistes, elle a commencé à calculer son empreinte carbone, c’est-à-dire le niveau de pollution qu’elle causait. Cette empreinte était… très élevée.
Elle s’est alors mise à modifier certaines de ses habitudes, en se déplaçant de plus en plus à vélo pour ses entraînements, en faisant du covoiturage, et en remplaçant l’avion par l’auto ou le train lorsque c’était possible.
En une année, elle a réduit du quart ses émissions de gaz polluants!
Mais elle a vite compris que si elle était la seule athlète à changer ses habitudes, l’impact demeurerait minuscule.
Elle a alors eu une idée. Pour éviter que les skieurs et les skieuses acrobatiques fassent plusieurs allers-retours entre les continents, pourquoi ne pas tenir toutes les compétitions dans une même région l’une à la suite de l’autre?
Marion a fait cette proposition à la fédération internationale de ski. Elle a eu droit à une oreille très attentive. Est-ce que cela fera vraiment la différence? Elle ne le sait pas encore.
Mais elle a déjà réussi à faire prendre conscience à ses camarades athlètes qu’ils et elles contribuent à la disparition de l’hiver, et doivent donc chercher ensemble des solutions pour minimiser leur impact.
Cette histoire est bien vraie! Marion Thénault est une skieuse acrobatique de 25 ans, originaire de Sherbrooke. Elle est aussi étudiante en génie aérospatial à l’Université Concordia. Tu pourras la suivre la semaine prochaine durant les Jeux olympiques de Milan-Cortina, alors qu’elle participera aux épreuves individuelles (mardi et mercredi) et par équipe (samedi) de saut acrobatique! En entrevue avec les As, Marion a confié que, pour elle, la performance sportive est très importante et qu’elle est prête à beaucoup de sacrifices pour atteindre ses objectifs personnels. Mais à son avis, chercher à gagner des médailles ne devrait pas libérer les athlètes de leurs responsabilités face à l’avenir de notre planète!
Et toi, pratiques-tu un sport pour performer ou simplement pour t’amuser?
